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Collages

Architecture(S)

Photomontages créés pour le groupe Matelsom dans le cadre d’une résidence de 3 mois dans leurs locaux de Niort, invitée par Arts Affaires.

Photomontages réunissant les deux sites du groupe Matelsom, le magasin de Niort et l’entrepôt de Vernouillet.

« Architecture-monde »

collages papier, 2009.

Exposition collective consacrée aux oeuvres sur papier, galerie L.J., Paris, 2009.

 

« Intérieur/Extérieur »

collages papier, 2012.

Exposition personnelle « Impressions », Mairie de Sèvres, 2012.

 

 

Installations

« Contact »

  • Installation in-situ, 2010.
  • Projet réalisée dans les locaux de Niort du groupe Matelsom dans le cadre d’une résidence de 3 mois , invitée par Arts Affaires, 2010.
  • Exposition collective « Ça & là » organisée par Claude Closky avec tous les artistes ayant fait la résidence le Pavillon, Laboratoire de création du Palais de Tokyo, Fondation d’entreprise Ricard à Paris, 2011.

Matérialisation des lignes de contact entre collaborateurs afin de mettre en avant les problèmes de communications internes.

« Contaminations (1) »

  • installation, 1999.

Ecole supérieure des Beaux-Arts de Toulouse, 1999.

Injection de sensible, de vivant dans l’architecture, extension de notre propre peau.
Invasion des failles, fissures et interstices de nos espaces.
Greffe métaphorique…pour la soigner de sa rigidité.

« Entrée des artistes »

  • installation éphémère in-situ et projet de néon, 2010.

Installation sur le site du groupe Matelsom dans le cadre d’une résidence de 3 mois dans leurs locaux de Niort, invitée par Arts Affaires.

Une manière d’inverser les rôles et de démystifier le concept de résidence d’artiste en entreprise en mettant chaque collaborateur dans la peau d’un « artiste ».

« Home sweet home »

  • installation in-situ, 2008.

Exposition collective, « Une Estivale 2008 », Galerie L.J. Beaubourg, Paris, 2008.

 

« Welc(home) »

  • Installation in-situ, 2011.

Installation réalisée dans les locaux de Niort du groupe Matelsom dans le cadre d’une résidence de 3 mois , invitée par Arts Affaires.

Welc(home) est un « vidéomaton » destiné à accueillir les nouveaux collaborateurs au sein du groupe Matelsom. Chaque arrivant se fera filmer et ajouté au portrait collectif dans la continuité du projet « contact ». (en cours…)

« House »

  • installation, 2005.

Exposition collective « The Final Cut », Palais de Tokyo, Paris, 2005.

Dessine-moi une maison, s’il te plait ?

A partir d’une vingtaine de dessins, j’en ai tiré l’essentiel, mon essentiel, ma propre interprétation.
Leurs maisons étaient toutes délimitées par quatre murs.
Cette structure protectrice était l’élément commun de ces dessins.
Qu’est ce qu’une maison finalement ?
La délimitation d’un morceau d’espace que l’on maîtrise. Un espace à peu prés rectangulaire dans
lequel on s’organise.

A l’image de la caisse du Petit Prince qui contient son mouton, « House » est un potentiel de maison.
Ces quatre murs offrent une protection dans laquelle on peut projeter sa propre idée de maison.
En fonction de la lumière environnementale, les murs dessinés aux lasers, sont tour à tour, vacillants
et lumineux, quasi imperceptibles et omniprésents. Changeant…un peu comme notre envie de
protection.

« Respiration (2) »

  • installation sonore, 2005.

Exposition collective « The Final Cut », Palais de Tokyo, Paris, 2005.

Diffusion du son de ma respiration dans l’espace d’exposition.
Respirer (dans) ce lieu est une façon pour moi de m’approprier l’espace.
Je m’inspire de son air pour en expirer mon point de vue.

« Respiration (1) »

  • installation, 2005.

Festival « Kinoléon », rue Léon et Lavoir Moderne Parisien, Paris, 2005.

Le lieu de l’installation se trouve en plein coeur du quartier populaire de la Goutte d’or.

Ses bustes, hébergés dans la vitrine du bistro de quartier « bar des amis », tentent de respirer.
Cette tentative symbolique pour prouver que malgré les apparences du délabrement et de l’abandon,
la vie est là.

Le quartier survit car sa population l’ « habite ».

 

Photographies

Camif

« Contaminations (2) »

  • photographies, 1999.

Suite aux premières contaminations…
Greffe sensible à même la peau, superficialité qui nous relie au monde.
Prise de conscience directe en s’adressant à la propre corporéité de l’homme, à sa première peau.

« Derrière la porte, portraits intimes » (2007-2010)

  • série, diptyques photographiques

Passer la porte, entrer chez eux, aller se rendre compte, cela reste toujours aussi fascinant pour moi.
C’est le plaisir de cette série.

Que cachent-ils derrière leur porte ? Quelque chose de surprenant ? Quelque chose de banal ?
On a envie de dire que l’on sait d’avance en regardant tel ou tel.

Derrière la porte, il y des détails qui parlent, des histoires qui se dévoilent.

 

« Dévitalisations »

  • série, photographies numériques (30×40 cm), 2007.

Exposition collective, 3ème édition du Festival de l’Etrange, alliance Franco-Marocaine d’Essaouira, Maroc, 2009.
Expositions personnelles « Dévitalisations », Au Xème, Paris, 2008.
Expositions personnelles « Etat des lieux », Espace culturel 25° EST, Paris, 2007.

Un jour, en écoutant une émission radio, j’ai découvert l’existence des dévitaliseurs.

Ce sont des hommes payés par le propriétaire d’un appartement ou d’une maison pour en empêcher
l’occupation.
Ils sont chargés de détruire la plomberie, le système électrique… et donc de rendre impossible la vie dans cet appartement ou cette maison.
J’ai eu l’idée de retoucher ces photos d’intérieurs (cuisines et salles d’eau) en supprimant les robinets.
A première vue, on ne se rend pas compte de cette disparition.
Nos habitudes si fortement ancrées nous font prendre pour une évidence l’existence de l’eau courante.
Puis lorsqu’on réalise l’absence des robinets, on se demande comment peut fonctionner une maison sans cet élément essentiel, l’eau.
Et pourtant tous les signes sont présents d’un espace habité.
C’est une interrogation sur notre mode de vie. C’est une manière de représenter la vie avec l’absence.
L’absence fait partie d’une manière ou d’une autre de nos vies.

Pourtant nous vivons.

 

 

« Notre maison, Boulevard Monivong. »

  • photographie (120x120cm), livrets (texte en français et en khmère), 2005.

Exposition collective « Air Cambodia », Centre Culturel Français (Phnom Penh, Cambodge) et Palais de Tokyo (Paris), 2005.

Ma famille a vécu à Phnom Penh en 1971. Militaire français de carrière, mon grand-père avait été envoyé au Cambodge pour conseiller l’armée khmère. Il était instructeur. Sa famille l’a suivi.
Ils sont arrivés en décembre. Huit mois plus tard, femmes et enfants étaient rapatriés d’urgence ; les Khmers Rouges assiégeaient la ville.
Mon grand-père, lui, est resté un peu plus longtemps.

Leur maison se trouvait sur le boulevard Monivong entre la cathédrale et l’hôpital Calmette. C’était un bâtiment de type colonial, sur deux niveaux, avec une partie sur pilotis et un balcon tout le long du premier étage. Un grand jardin entourait la maison et faisait angle avec un petit chemin de terre. Ils étaient proches de l’ambassade de France, juste en face de celle de Russie.
Ma mère, mon oncle et ma tante allaient à pied au lycée français Descartes.

Depuis que je suis petite, ma grand-mère me parle de ses souvenirs du Cambodge, du magnifique flamboyant de leur jardin. Et de Cannelle qui la suivait partout, une petite cane devenue son animal de compagnie.
Quand ma famille est partie, ma grand-mère a confié l’animal à des voisins, leur demandant d’en prendre soin. Au fond d’elle-même, elle sait très bien qu’il a été cuisiné. Depuis, elle ne mange plus de canard.

Ma mère a des souvenirs très vifs de cette époque.
Elle n’a pas oublié sa Tiba, la dame qui s’occupait d’elle. Un jour lors d’une bataille de rue, elles s’étaient réfugiées toutes les deux sous une voiture. Persuadée qu’elle allait mourir, la Tiba, qui était très croyante, ne pouvait pas se retrouver devant Bouddha le ventre vide. Malgré le danger, elle voulait à tout prix aller au marché pour acheter des oeufs de cane. Il fallait une offrande.
Lors des bombardements sur l’aéroport, sa chambre sur pilotis tremblait.
A chaque alerte, tous les français se retrouvaient au Cercle, un bâtiment militaire où ils se réfugiaient.
Elle m’a aussi raconté l’histoire de ce pasteur français que ma famille connaissait bien, retrouvé un jour assassiné, les testicules coupés et mis dans la bouche.
Elle se souvient aussi des odeurs de la terre, des épices, de la viande.

Les seuls souvenirs que m’a laissés mon grand-père sont ambigus.
J’étais petite.
Il me racontait à mots couverts ses rapports avec les femmes.
J’ai compris plus tard ses allusions, sa perversité et ses histoires.
Ses attouchements. J’ai pu en discuter avec ma mère, ma tante. Et longtemps après avec ma grand-mère.
Je n’ai pas été la seule.

J’ai l’impression de retrouver cette ambiguïté ici. La situation de l’homme blanc, ce qu’il représente pour toutes ces jeunes femmes qui ont eu le malheur de perdre leur virginité avant le mariage. Exclues de la société cambodgienne, leur seul devenir est la prostitution. Jeunes et jolies, encore fraîches, souriantes et avenantes, les occidentaux ont moins de remord à les côtoyer.

Juste avant de partir au Cambodge, j’ai recherché les vieilles photos de cette époque. Je n’en ai trouvé qu’une, en noir et blanc, prise par ma mère.

Ecrit au dos : « Notre maison, boulevard Monivong ».

Il fallait que je retrouve cette maison, comme pour comprendre ce qui s’était passé.
Ma mère avait à peu près mon âge. Je me retrouve ici, trente ans plus tard, par hasard.

Sitôt arrivée, j’ai demandé à un taxi local, un moto-dop, de m’emmener sur le boulevard Monivong. Je lui ai montré ma photo. Nous avons cherché ensemble. L’hôpital Calmette était bien là, mais aucune trace de la cathédrale.
Le moto-dop me comprenait mal. Nous avons tourné très longtemps.
Nous avons fini par trouver une barrière semblable à celle de la photo, mais la maison n’était pas vraiment la même.

Le lendemain, j’ai rencontré Dou Borin, un Cambodgien qui travaille pour le Centre Culturel Français. Quand je lui ai montré la photo, ses yeux se sont illuminés. Cette quête lui plaisait, il était décidé à m’aider.
Son premier geste a été d’en tirer un agrandissement et de la faire circuler parmi tous les Cambodgiens assez âgés pour avoir connu la ville à l’époque.
En recoupant les informations recueillies, nous sommes arrivés sur la piste d’un orphelinat, peut-être construit sur le terrain. La maison, elle, aurait été rasée.

Borin m’a aussi expliqué que la cathédrale n’existait plus, détruite par les Khmers rouges en 1976. Il n’en reste que quelques débris de cloches exposés au musée national. Une immense antenne russe a pris la place.

J’essayais de comprendre pourquoi ils avaient fait ça, lui parlant également de l’histoire du pasteur émasculé. Il m’a répondu que toutes les religions avaient été interdites, surtout celles qui venaient d’Occident, et qu’ils avaient été très cruels, tuant même les animaux.

Pour lui, ça voulait tout dire.

Grâce à ses traductions, je pu parler aux habitants de cette maison semblable à la photo. Après une longue discussion, la piste de l’orphelinat s’est révélée fausse et nous avons été dirigés vers une maison entièrement rénovée. Mise au goût du jour, et collée à un hôtel moderne. Je n’y croyais pas beaucoup.

Par chance, nous avons croisé le propriétaire à qui nous avons raconté l’histoire et montré la photo. Il m’a regardé avec un grand sourire et m’a avoué en français s’être installé dans cette maison à son retour à Phnom Penh en 1979. Il me propose de revenir un peu plus tard pour rencontrer sa femme qui me donnera certainement plus d’informations.
Et qui peut être retrouvera de vieilles photos.

Mais l’accueil ne fut pas le même. Après un temps d’hésitation, elle contredit toutes les affirmations de son mari. Toutes les excuses étaient bonnes pour que ça ne soit pas la maison recherchée. La clôture n’était pas comme ça, le balcon n’existait pas, son mari avait de mauvais yeux.
J’avais l’impression d’être retombée dans une impasse.

Sur le chemin du retour, Borin m’a fait part de ses doutes concernant la sincérité de cette femme. Il pensait qu’elle avait peur que je veuille lui reprendre la maison. La photo constituant à ses yeux une preuve suffisante.
En 1975, quand les Khmers rouges ont pris possession de la ville, ils l’ont entièrement vidée de ses habitants, et les ont envoyés au travail forcé dans les campagnes. Phnom Penh était devenue une ville fantôme.

A la libération, les survivants qui sont revenus se sont installés dans les maisons vides.
J’y suis retournée plusieurs fois, pour tenter de leur expliquer que ça n’était pas du tout mon intention. Mais je n’ai pas pu les revoir.

Par la suite, j’ai rencontré l’ancien sacristain de la cathédrale détruite qui m’a raconté son histoire et comment il avait survécu aux khmers rouges. _ D’un père cambodgien et d’une mère vietnamienne, il avait été rapatrié au Vietnam avec sa femme et ses enfants, après être passé par des travaux forcés à la rizière.
A ce moment, les Khmers rouges étaient encore les alliés des Vietcong, et le sacristain avait bénéficié du « premier voyage ». Un an plus tard, les Vietcong ont lâché les Khmers rouges et la Chine pour s’allier à la russie.
Cette année là, tous les Vietnamiens encore au Cambodge ont été assassinés. Parmi eux, ses parents, oncles et tantes.

Il n’y a jamais eu de second voyage.

Après la période des khmers rouges, il est revenu au Cambodge comme coiffeur, afin de voyager librement dans le pays. Secrètement, il a listé toutes les familles catholiques pour, un jour, reconstituer une communauté religieuse. Il entretenait aussi une correspondance discrète avec les prêtres survivants. La première messe officielle eu lieu le 14 avril 1990.

Nous sommes tous les deux retournés devant la maison et il m’a confirmé ce que m’avait dit Borin. La propriétaire avait eu peur. Mais cette maison est probablement celle dans laquelle ma famille a vécu.
Toutes les descriptions correspondent et la première rencontre avec son propriétaire avait été sincère.

Peu importe. A ce stade de mon voyage, mes préoccupations n’étaient plus les mêmes. Cette quête m’avait rapprochée des Cambodgiens, permis de comprendre leur histoire douloureuse et ce que m’a famille m’avait raconté.

Sans cette photo, rien de cela ne se serait passé.

Grâce à cette complicité, à cette recherche qui nous était devenue commune, un lien presque amical s’est tissé entre Borin et moi. Il m’a confié plus tard son histoire personnelle. Il n’avait que douze ans quand sa famille a été séparée et lui, envoyé au travail forcé dans les campagnes. A son retour, toute sa famille avait été assassinée, onze personnes massacrées. Orphelin, il a dû pour survivre se nourrir d’écorces d’arbre et d’embryons de souris. Il a marché pendant trois mois avant de retrouver une de ses tantes.

Ce qu’il lui en reste aujourd’hui : un goût amer.

Anne-Laure Maison

Phnom Penh,
janvier 2005.

Vidéos

« Espèce d’Espace (fourmis) »

  • vidéo, 7’34’’, 2008.

« Espèce d’Espace » (clin d’oeil à Georges Perec) est une série mettant en scène des animaux dans des environnements humains ou en confrontation avec l’homme.
La bande sonore, créée à partir du son original, est montée en ritournelle (au sens deleuzien).
Chaque vidéo est ainsi à considérer comme autant de territoires.

« Espèce d’Espace (fourmis) » a été tourné sur une aire d’autoroute du sud de la France.
J’ai posé près d’une fourmilière le moulage en plâtre d’une maison à échelle « réduite » préalablement recouverte d’une lotion sucrée.
Petit à petit, les fourmis appâtées envahissent l’espace…
L’idée m’est venue en voyant un matin en une de “libé” une photo de « boat people » agglutinés en pleine mer sur des filets de pêcheurs pour se sauver de la noyade…
Cette vidéo en est la métaphore.

« Espèce d’Espace (poissons) »

  • vidéo, 2’45’’, 2006-2008.

« Espèce d’Espace » (clin d’oeil à Georges Perec) est une série mettant en scène des animaux dans des environnements humains ou en confrontation avec l’homme.
La bande sonore, créée à partir du son original, est montée en ritournelle (au sens deleuzien).
Chaque vidéo est ainsi à considérer comme autant de territoires.

« Espèce d’Espace (poisson) » a été tourné au Vietnam.
Il s’agit de Carpes Koi territorialisées dans un lac à côté d’un temple très touristique.
Leur territoire est immense mais elles s’entassent sur un périmètre restreint apâtées par la nourriture et gavées par les touristes, qui vont jusqu’à jeter les papiers avec.

« Breath »

  • vidéo, 8’35″, 2005

Le stade olympique de Phnom Penh réalisé en 1962 par l’architecte cambodgien Vann Molyvann
est aujourd’hui à l’abandon.
Un lieu à l’origine destiné à la foule et à la liesse.
J’y ai tourné cette vidéo en plan fixe comme pour saisir l’inertie de ce bâtiment.
Pourtant le petit souffle de la vie le traverse encore, celui du vent qui se faufile dans l’immense espace
et qui fait respirer ce lieu figé, le cri des enfants qui jouent dehors, le vacarme étouffé de la circulation…
Résonances dans cet édifice fantôme qui cherche sa place.
C’est peut-être là désormais sa fonction : filtrer, révéler, amplifier, comme dans une cathédrale, la vie qui lui est extérieure.